Autour du visage et de la peau

Est-il envisageable d’utiliser du Botox pour réduire les rides de la bouche, sans danger ?

Non, ce n’est pas conseillé, car il va paralyser les muscles alors que les rides de la bouche ne sont pas dues au même phénomène.

Que faire contre les télangiectasies, surtout quand elles sont sur le visage et en très grand nombre ?

La première option est de maquiller ces taches pour les dissimuler. En seconde option et surtout si elles sont nombreuses et très visibles, on peut les traiter au laser.

Il savoir quand même que ce traitement entraîne une éviction sociale de plusieurs semaines (3 semaines d’hématome au moins). Ensuite la peau reprend une couleur normale peu à peu. Il est important de signaler que l’état esthétique est nettement amélioré, mais que les télangiectasies réapparaissent à plus ou moins long terme.

Atteinte d’une sclérodermie en coup de sabre sur la tempe droite depuis une dizaine d’années, je souhaite savoir si je peux avoir recours à la chirurgie sans accentuer l’aspect esthétique de la plaque ?

On peut effectivement avoir recours à la chirurgie si on est certain que la bande sclérodermique n’évolue plus (le mieux est d’avoir deux photos identiques espacées d’un an).

Le chirurgien pourra selon les cas exciser (=enlever) simplement la bande pour mettre bord à bord les berges ou mettre un bout de peau saine à la place ou dans les cas les plus complexes, combler la perte de substance avec du gras voire de l’os. Les techniques de chirurgie plastique font des miracles aujourd’hui.

Comment expliquer le gonflement du visage ?

C’est le côté œdémateux de la sclérodermie. Cela existe essentiellement au début de la maladie et parfois cela s’intègre dans un ensemble de symptômes associant une atteinte musculaire, une inflammation douloureuse des articulations, et un Raynaud qui définit le syndrome de Sharp alias « connectivite mixte » ; ce syndrome est associé à une classe d’anticorps particuliers les anti-RNP (ribonucléoprotéine). Il faut revoir votre médecin, car dans certains cas, c’est une des rares indications d’un traitement corticoïde (sous bonne surveillance évidemment). Une partie de cet œdème est ischémique (lié au manque de sang) et il peut s’arranger sous traitement vaso-dilatateur. Enfin s’il y a douleurs articulaires importantes (polyarthrite) un essai de méthotrexate hebdomadaire peut être envisagé.

Peut-on avoir recours au LPG ?

J’ai contacté la société qui fabrique cet appareil, qui a un effet de ventouse sur la peau, puis la roule. Je n’ai obtenu que des articles déclaratifs sans beaucoup d’explication et des commentaires des kinésithérapeutes qui approuvaient ou déconseillaient l’utilisation de cet appareil, mais toujours dans le cadre du traitement de la cellulite. Il faut être très prudent dans l’usage de cet appareil dans le cadre des sclérodermies, car cela pourrait entraîner des modifications internes de la peau avec apparition de fibroblastes. Il n’y a aucune étude de peau de sclérodermique avant et après utilisation de l’appareil LPG. Nous ne pouvons donc pas donner de crédit à cet appareil tant qu’il n’y aura pas eu de protocole en double aveugle. Pour l’instant, on n’a pas de preuve que ce soit utilisable sans danger sur un grand nombre de sclérodermiques.

Quelle est l’évolution des morphées ?

La sclérodermie localisée est une pure maladie de peau qui n’a guère plus de 1 risque sur 1000 de devenir une sclérodermie systémique c’est-à-dire touchant les vaisseaux des mains et les organes internes du corps. L’évolution de la forme morphée en plaques se fait généralement sur quelques années vers l’aplatissement et la stabilisation des lésions, mais des traces peuvent en rester définitivement. Les pommades à base de cortisone sont efficaces sur les lésions inflammatoires (ce qu’on reconnaît quand elles sont rouges à leur pourtour, qu’elles font mal ou qu’elles grattent) pour en limiter justement l’inflammation.

Les démangeaisons de la peau sont-elles en rapport avec la sclérodermie ?

Le grattage/démangeaison (en terme médical : prurit) est une conséquence directe de la sclérodermie. Il est dû à la décharge dans la peau de molécules, dont l’histamine par les cellules engagées dans la réaction inflammatoire liée à la maladie. Cela veut dire que :

– ces cellules sont partie prenante de la réaction de cicatrisation normale et tout le monde sait bien que toute cicatrice peut gratter au moment où elle se guérit

– elles sont utilisées anormalement par le système de défense du corps (le système immunitaire) qui est, on le sait, en erreur dans la sclérodermie

– l’histamine fait partie des molécules qui grattent le plus et on a développé des médicaments pour en bloquer les récepteurs dans les réactions allergiques et c’est pour cela qu’on les prescrit souvent (polaramine°, hydroxyzine, clarityne°, Aerius°, etc..) dans le prurit de sclérodermie ; mais effectivement cela ne marche pas à 100%

– le prurit est un signe d’évolutivité dans la peau sclérodermique et il peut être judicieux si la surface concernée n’est pas trop grande de prescrire un corticoïde local type Dermoval°

Elles sont fréquentes et difficiles à soigner. On sait que dans la sclérodermie des cellules spéciales, les mastocytes, sont attirées dans la peau malade par le système de défense anormal ; elles y relarguent des produits similaires aux allergies (histamine, cytokines, etc..) d’où le grattage. Les démangeaisons peuvent être aussi dues à la sécheresse de la peau, elles peuvent dans ce cas être calmées et soulagées par les applications fréquentes de crèmes hydratantes.

Qu’est-ce que le syndrome de Schulman ?

Le syndrome de Shulman est une maladie voisine, mais distincte de la sclérodermie où il y a une inflammation profonde sous la peau, préférentiellement aux avant-bras et aux jambes, qui donne un aspect induré et rouge spécial de la peau où les veines se marquent en creux. Le prélèvement pour confirmer le diagnostic doit être une biopsie profonde prenant la pleine épaisseur de la peau jusqu’à la surface du muscle sous-jacent ; elle montre que la maladie est ciblée sur ce qu’on appelle le fascia, c’est-à-dire une cloison fibreuse de la sous-peau : le terme pour désigner l’inflammation du fascia est « fasciite » (en anglais fasciitis) et les cellules en cause sont des leucocytes éosinophiles. Le traitement corticoïde a souvent une bonne efficacité ; quelquefois on a besoin de mettre davantage ; mais l’évolution spontanée de la maladie se fait vers la régression en quelques années. Il n’y a pas d’atteinte des vaisseaux ni des viscères comme dans la sclérodermie, pas d’auto-anticorps. Donc il faut bien différencier sclérodermie et Shulman. La biopsie peut aider à faire la différence.

Qu’est-ce qu’est la sclérodermie de Degos ?

La sclérodermie de Degos est une variante très rare de la sclérodermie localisée, et elle se manifeste par des lésions ponctuelles de peau saillantes (=papules) qui peuvent être rouges au départ, mais qui évoluent ensuite vers une atrophie et un aspect porcelainé blanc ; la biopsie montre un amaigrissement de la peau (=atrophie) et cette maladie ne guérit pas, d’où le nom « papulose atrophique maligne ». Il y a des observations de rares malades ayant une sclérodermie systémique avec en plus de telles lésions surajoutées. Evidemment, compte tenu de la rareté de cette affection, les traitements décrits ont été testés sur de petits nombres de cas et on n’a que des indications vagues de thérapeutique : comme dans les autres sclérodermies localisées, les traitements corticoïdes et immunosuppresseurs locaux ou généraux ont été proposés, mais ils n’ont une bonne chance d’obtenir une réponse favorable qu’à la phase de début de la maladie ; une fois qu’on se retrouve devant des papules blanches atrophiques, la probabilité de réponse paraît plus faible. Il faut consulter un médecin spécialisé dans la sclérodermie localisée.

Quel est le traitement pour une sclérodermie en bande ?

Il n’y a pas de traitement efficace démontré pour les bandes de sclérodermie, car la rareté et le caractère difficile à évaluer des lésions ont empêché jusqu’ici de faire de véritables études scientifiques bien contrôlées. On prescrit donc des médicaments sur la foi d’impressions thérapeutiques. Cependant un nombre de dermatologues prescrivent de la cortisone par voie générale lors des poussées (= extensions des plaques avec rougeur péripherique et grattage). D’autres ne prescrivent que par voie locale (le plus puissant des corticoides cutanés est le Dermoval). D’autres prescrivent en fonction d’études ouvertes, non ou peu contrôlées, d’autres produits comme le Rocaltrol ou du Plaquenil ou autre chose. Le point est qu’il faut avoir un relevé aussi précis que possible de la zone sclérodermique, à suivre périodiquement, car l’impression est fallacieuse et le jugement difficile.

La sclérodermie localisée peut-elle touchée le visage ?

Une sclérodermie localisée au ventre est en principe une maladie disgracieuse mais bénigne. Si la ou les plaques sont rouges ou grattent un traitement local à base de corticoïdes peut être envisagé avec une bonne chance de succès. Il arrive assez fréquemment que d’autres plaques surviennent sur le tronc, mais c’est imprévisible. Le visage est épargné dans l’immense majorité des cas (quand une sclérodermie localisée touche le visage elle le fait d’emblée et pas secondairement)

Peut-on effacer télangiectasies du visage ?

On peut les traiter par un laser KTP, qui donne de bons résultats sur le plan esthétique. Toutefois, les télangiectasies revenant assez vite, il faut faire le traitement avec une fréquence très rapprochée au moins trois fois par an.nC’est un problème pour lequel on n’a pas de traitement de fond, car sur le visage, elles sont disgracieuses, mais pas embêtantes, alors que celles qui sont internes peuvent avoir des conséquences très graves. On n’a pas de solution médicale pour s’opposer à des télangiectasies, mais le traitement par laser interne dans l’estomac donne de très bons résultats et permettent d’éviter les hémorragies internes de l’œsophage ou de l’estomac.

Peut-on gratter sur une ulcération non infectée ?

Je conseillerais plutôt de laver à l’eau et au savon en enlevant avec le gant de toilette ou une compresse non stérile tous les tissus morts et des dépôts de fibrine. L’application de gras (vaseline, Dexeryl°) permet de ramollir les croûtes et dépôts de fibrine pour stimuler la pousse des tissus saints. Le grattage avec une curette ou un autre outil pour éliminer les croûtes et dépôts de fibrine est une bonne chose, nos infirmières le font tous les jours, ça stimule la repousse.

Pourriez-vous préciser le mécanisme de la sclérodermie en « coup de sabre » ?

Les dermatologues, qui connaissent cette maladie depuis 300 ans, ont décrit différentes formes de sclérodermies localisées : – en goutte – en plaque – en bande – touchant une jambe, un membre, la moitié du visage – touchant le torse.
Et puis, il y a une forme sur le visage appelée « coup de sabre ». Pourquoi ce non ? Parce que cela donne une atteinte de la peau du scalp, c’est comme si on avait reçu un coup de sabre sur la tête, et cela provoque une cicatrice déprimée, comme une gouttière, un creux dans la tête descendant sur un côté du visage pouvant toucher l’orbite autour de l’œil mais aussi la joue et la pommette. Cette atteinte touche non seulement la peau, mais aussi la sous-peau et quelquefois l’os et même parfois le cerveau sous l’os. C’est très localisé, il n’y en a pas ailleurs, en général sur le front, cette dépression rend cette forme assez inesthétique.
Quelques malades ont parfois, en plus de cette sclérodermie en coup de sabre, des plaques de sclérodermie localisées à d’autres endroits du corps (ceci reste une forme localisée et non systémique).
C’est une forme de sclérodermie très particulière, avec un processus auto-immun localisé à cet endroit de la peau, qui aboutit à une atrophie, c’est-à-dire un amincissement de la peau et parfois l’os.
C’est une maladie orpheline et les recherches sur la sclérodermie localisée sont rares, et même très rares. Elles se font en général dans les services de dermatologie, ceux qui voient ces malades-là. On sait que si on fait une biopsie à cet endroit-là, c’est très caractéristique. Schématiquement, dans les sclérodermies, la peau évolue selon un cycle très particulier : un premier stade avec une inflammation de la peau (beaucoup de globules blancs se répandent autour des vaisseaux et autour des racines des poils), ensuite apparition d’un excès de collagène, qui fibrose la peau qui va épaissir, durcir et dans le dernier stade apparaît l’atrophie c’est-à-dire que la sclérose est remplacée par un amincissement. Au premier stade, la peau est rouge et chaude, puis la pigmentation peut se modifier soit vers le blanc, soit vers le brun.
Dans le « coup de sabre », les étapes sont brûlées et les deux étapes d’inflammation et de sclérose sont sautées, on va directement à l’atrophie, on ne voit pas les stades précédent ou très difficilement. C’est d’autant plus difficile à traiter que dans les autres formes de sclérodermies localisées, on ne peut traiter par corticoïdes locaux qu’aux premiers stades, quand c’est chaud, épaissi ou que cela gratte avec une crème comme le DERMOVAL qui va calmer cela. Au stade de l’atrophie, il n’y a plus d’inflammation, donc plus d’indication à appliquer le corticoïde local, pas de traitement pour l’atrophie à part la chirurgie, mais quand l’évolution est terminée et bien terminée.
Cela peut évoluer sur 10 ans à 15 ans, avec le processus d’atrophie qui se stabilise ensuite. Les patients atteints de cette forme de sclérodermie en coup de sabre sont candidats à une opération de chirurgie esthétique et réparatrice, une fois que la maladie est terminée, pour combler les creux ou dépressions et retrouver un aspect « normal ». Certains malades ont une forme très discrète et n’auront pas besoin de chirurgie, mais pour d’autres ce sera indispensable. Dans ce cas-là, l’assurance maladie peut prendre en charge les frais de chirurgie, car ce n’est pas une demande de chirurgie esthétique, mais c’est une maladie qui nécessite une chirurgie plastique. Il faut une entente préalable faite par le médecin traitant de la malade pour avoir l’accord du médecin-conseil de la caisse primaire d’assurance maladie.

Une adhérente atteinte de morphée a l’impression d’un muscle de cuisse touché, ainsi que son bras gauche récemment opéré de canal carpien ; sa main est toute bleue et elle la sent mal.

Il arrive que la sclérodermie localisée (morphée) donne des lésions profondes qui peuvent atteindre les couches profondes de la peau, voire les muscles. Lorsque le canal carpien, tunnel osseux et tendineux du poignet trop étroit a dû être opéré pour élargissement en raison d’une compression de nerf (syndrome du canal carpien), il arrive qu’une complication postopératoire survienne : l’algoneuro-dystrophie. Il s’agit d’un réflexe nerveux involontaire qui modifie l’irrigation et la température des mains (elles deviennent douloureuses avec des sueurs froides et une coloration volontiers rouge ou violette ; des traitements ciblés sur le système nerveux sympathique peuvent être prescrits : bêta bloquants par exemple).

Comment hydrater sa peau ?

Dans l’atteinte externe de la maladie, c’est l’aspect fibreux avec induration de la peau (durcissement et perte de l’élasticité) qui est le plus fréquent. Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement anti-fibrosant. Par contre, il faut une prise en charge quotidienne avec une très bonne hydratation, régulière, pour calmer les symptômes comme les démangeaisons, le risque infectieux, etc. Vous pouvez utiliser les produits suivants : Dexeril ou les crèmes de la ROCHE POSAY (Lipikar) ou AVENE (Hydrance) ou encore DUCRAY (Ictyane HD). Pour les troubles trophiques dus à la mauvaise circulation et, en particulier, pour limiter les engelures, on peut utiliser la crème CICAPLAST BAUME B5 (LA ROCHE POSAY). Que dire du Baume du Pérou – Baume du Tigre ? Attention aux allergies avec le camphre pour le Baume du Tigre et avec le benzoate de sodium (ou E211, utilisé comme conservateur dans les produits cosmétiques) ou le Benzoate de coniferyl, qui peuvent se trouver dans le Baume du Pérou, surtout dans les produits industriels ou de grande consommation. Pour l’huile d’ARGAN : aucune étude n’a été faite pour confirmer les effets bons ou mauvais donc rien n’est prouvé aussi PRUDENCE !