Le rapport d’activité des Filières de Santé Maladies Rares a été publié par le Ministère chargé de la Santé et le Ministère chargé de la Recherche.

Si vous souhaitez le consulter, pour notre filière FAI²R, la lecture débute à la page 37.

Médicaments : la prise en charge évolue

Les conditions de prescription et de remboursement des médicaments lorsqu’il existe des génériques pouvant les remplacer changent au 1er janvier 2020, ainsi que l’a prévu la loi de financement de la sécurité sociale pour 2019. Service-public.fr vous explique.

Des lunettes et des prothèses dentaires sans reste à charge à partir du 1er janvier 2020

À partir du 1er janvier 2020 la prise en charge des produits en optique et dentaire est intégrée par les complémentaires santé grâce à la réforme « 100% Santé ». Cette offre concerne les personnes couvertes par une complémentaire santé, y compris les bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire. Pour les prothèses auditives il faudra attendre encore 1 an.

La maladie de Paul KLEE

Paul Klee, de nationalité allemande, est né en 1879 et a grandi à Berne. Fils d´un professeur de musique et d´une cantatrice, il s’est avéré très tôt comme un excellent musicien, un dessinateur et un peintre hors pair.

Il s’est marié en 1906 avec la pianiste Lily Stumpf, et ils se sont installés à Munich. Dans les années 1911-1912, Klee rencontra August Macke et Vassily Kandinsky, puis Robert Delaunay, Hans Arp et Franz Marc, qui étaient les peintres avant-gardistes du moment. Ils échangèrent et produisirent des œuvres exceptionnelles.

Leur mouvement pictural dénommé le Cavalier Bleu “Der Blaue Reiter” tint sa 2° exposition en 1912 à Munich. Klee y participa avec 17 œuvres.

En 1914, Klee fit un voyage décisif en Tunisie. Son enthousiasme pour la palette chromatique méditerranéenne explosa : “La couleur et moi sommes un. Je suis peintre.”

En 1920, Klee intégra comme enseignant le Bauhaus (école d’art) de Weimar, qui sera attaqué par l´extrême droite comme “un foyer de bolchevisme culturel” ; il déménagea en 1923 à Dessau où il travailla comme professeur d’art. Sa production artistique augmenta, de même que son impact pédagogique auprès de ses élèves. Il participa à la première exposition surréaliste à Paris, et obtint en 1930 un poste de professeur à l´Académie des Beaux-Arts de Düsseldorf.

Le destin de Paul Klee bascula lors de l’accession au pouvoir de Hitler en Allemagne. Il devint rapidement évident que Klee était un opposant irréductible au nazisme ; il fut donc la cible d’une propagande agressive, accusé d’être juif et de dégénéré, et son contrat de professeur fut rompu brutalement sans préavis en 1933.

Klee fut donc amené à une émigration forcée. Naturellement il dirigea ses pas vers son pays natal, à Berne en Suisse. Malheureusement, tandis que l’art de Klee subissait un dénigrement systématique qui culmina dans l’exposition “l’art dégénéré” (1935) en Allemagne, Klee recevait un accueil froid voire glacial dans le milieu artistique suisse, où son art fut critiqué comme “puéril”, “schizophrène”, “bête”.

Klee tomba donc dans un isolement intellectuel et artistique profond, favorisant une création autarcique. Il surcompensa cette difficulté par une production intense et diverse de dessins, d’aquarelles et d’huiles sur des thèmes très variés.

Sa devise était “aucun jour sans tracer une ligne”.

Second traumatisme, Klee se trouva confronté en 1935 à la maladie sous forme d’une inflammation grave des poumons, une pneumopathie. L’évolution en fut lentement favorable mais il mit six mois à récupérer suffisamment pour repeindre, et ses forces restèrent amoindries à jamais.

Klee réalisa très rapidement qu’il était entré dans une maladie chronique épuisante de pronostic sombre. Celle-ci associait une sclérose progressive du visage et du cou, respectant relativement les mains (1935) ; ceci lui permit de continuer à peindre, mais les médecins lui interdirent le violon. Il souffrit d’un reflux gastro-œsophagien sévère avec sténose peptique de l’œsophage, d’où une gêne pour avaler, principalement les aliments solides.

Ceci joint à des problèmes intestinaux et à des diarrhées obligea Klee à faire lui-même sa cuisine, pour se confectionner des purées qu’il ingurgitait par petites quantités. Il développa une anémie, et en 1936 il devint essoufflé.

Une dilatation du cœur fut constatée sur la radiographie, et son état général déclina.

Il devint progressivement hors d’haleine pour des efforts de plus en plus minimes, puis au repos. Finalement, en 1940, il fut hospitalisé dans un sanatorium du canton le plus méridional de la Suisse, le Tessin.

C’est là que le diagnostic de “myocardite”, une défaillance primitive du muscle cardiaque, fut porté, et il en mourut durant l’été 1940.

Ironiquement, ce n’est que quelques jours après sa mort qu’aboutit la demande de naturalisation suisse qu’il avait déposée à Berne dès son exil. Devenir bourgeois de cette ville était l’un des vœux les plus chers de Paul Klee, mais cette joie ne lui fut pas accordée de son vivant.

Quelle fut l’influence de ce parcours de vie dramatique sur l’œuvre du maître ? Evidemment on pouvait discuter la dépression nerveuse réactionnelle à l’ostracisme, à l’injustice et à l’incompréhension dont Klee a été victime ; la maladie elle-même a pu modifier non seulement la technique, mais aussi les thèmes et les ambiances picturales de l’artiste. Le diagnostic même de la maladie restait en suspens.

Il revenait à un Bernois de mener l’enquête. Ayant une admiration sans bornes pour Paul Klee, le Docteur Hans SUTER, dermatologue à Thoune et formé à Berne, était l’homme idéalement placé pour faire autorité en ce domaine.

Amateur et collectionneur d’art, détenteur d’une masse de documents inédits sur Paul Klee, il mena un travail long et exhaustif d’investigation dans les dossiers médicaux des différents établissements suisses où Paul Klee avait été soigné : il ne restait, plus d’un demi-siècle plus tard, rien. Ni radiographies, ni enregistrements, ni observation, ni analyses.

Tout au plus la correspondance de la famille Klee et quelques prescriptions médicales conservées par la femme de Klee.

Les témoignages du fils unique du peintre, metteur en scène, et ceux d’amis, de relations et de professionnels de l’art ont permis à Hans Suter de retracer dans un livre prestigieux la maladie de Paul Klee et le grand courage avec lequel il surmonta toutes les épreuves pour nous léguer une œuvre magistrale.

Ce livre écrit en suisse allemand fut édité en 2005 ; il restait à le traduire en français et à le diffuser. Cette aventure ne fut possible que grâce à deux excellentes traductrices, Aymone Nicolas et Catherine Briffod ; à la collaboration de l’éditeur Stämpfli ; à des relectures soigneuses par Joëlle Cabane et une relectrice suisse ; et au soutien financier et logistique du laboratoire Actelion.

L’édition française a vu le jour une semaine avant la 2° journée française sur la sclérodermie systémique en Septembre 2007, où elle fut à l’honneur ainsi que son auteur.

Un certain succès lui est promis puisqu’une traduction Anglaise du livre a été éditée en 2010. Une preuve de plus, s’il en était besoin, que Paul Klee a atteint le paradis éternel des plus grands peintres du XX° siècle.

Professeur Jean Cabane

Guide parcours de santé des malades chroniques

Guide qui permettra de mieux être pris en charge et de mieux gérer le quotidien.
Avec le soutien du Laboratoire Inventiva.

  1. QUAND LA MALADIE SURVIENT
  2. S’APPROPRIER SON PARCOURS DE SANTÉ
  3. LE DROIT À L’INFORMATION SUR SA SANTÉ
  4. LES DISPOSITIFS DE PRISE EN CHARGE DE L’ASSURANCE MALADIE
  5. VIVRE AVEC…
  6. LES OUTILS POUR MIEUX VIVRE AVEC…

Stop aux ulcérations – MOMENTANEMENT INDISPONIBLE

Bande dessinée sur la prévention et le traitement des ulcérations.
Avec le soutien institutionnel d’Actelion.

La sclérodermie et le travail

Plaquette et deux flyers sur les conséquences de la maladie au travail. Documentation réservée aux personnes en activité.
Avec le soutien de la Fondation Maladies Rares.

Vivre la sclérodermie au quotidien

La sclérodermie, quelle que soit sa forme, touche entre 10 000 à 15 000 personnes en France ; elle encore mal connue du milieu médical, même si les choses ont bien changées.
L’Association des Sclérodermiques de France a été créée en 1989 pour que chaque patient sclérodermique sache qu’il y a quelqu’un à l’écoute ayant les mêmes soucis et peut-être une
réponse aux angoisses, incertitudes et questions, avec un autre but essentiel : « aider la recherche pour pouvoir aider et soulager les malades »


En 20 ans d’existence, on voit que la prise en charge des malades a beaucoup changé, que des traitements qui permettent de mieux vivre et surtout plus longtemps sont apparus, mais il est évident que les personnes touchées par la sclérodermie, qui ont beaucoup de mal à vivre le quotidien, ont besoin d’aide.


De l’aide constituée par des moyens simples et pratiques qui permettent aux malades de garder leur autonomie, de poursuivre une activité relativement normale et de faire face aux problèmes de la vie de tous les jours.


Cette brochure est le résultat d’une collaboration entre l’association des patients sclérodermiques de Belgique qui a réalisé le premier fascicule et a autorisé l’ASF à faire la
version française, puis une collaboration entre les médecins, les ergothérapeutes. Elle regroupe le plus grand nombre d’informations possibles mais la liste n’est pas exhaustive.
Tous ces conseils pratiques sont applicables pour n’importe quel patient mais ne peuvent en aucun cas remplacer le traitement médicamenteux prescrit par les médecins. Ils peuvent être complémentaires au suivi médical.

La recherche médicale et les patients sclérodermiques

En tant que personnes atteintes de sclérodermie, nous sommes souvent appelées à répondre à des questionnaires, des sondages voire à participer à des protocoles pour des essais thérapeutiques.
Nous avons demandé au Professeur Yannick Allanore, Président d’EUSTAR, pourquoi il est important d’y répondre ou d’y participer.

EUSTAR est l’organisation européenne officielle des rhumatologues et a comme objectifs de mieux faire connaître la sclérodermie dans la population et auprès des médecins, l’amélioration de la recherche sur la sclérodermie orientée sur les patients et l’amélioration de l’assistance aux personnes atteintes de sclérodermie.

Prof. Yannick Allanore pourquoi est-il important que nous, patients sclérodermiques, répondions aux sondages ou questionnaires reçus régulièrement venant des centres hospitaliers ou des médecins ?

Cette maladie reste mal connue de la population générale et du corps médical et paramédical. Les informations la concernant sont souvent limitées par le faible nombre de participants et donc si l’on veut porter des messages clairs à tous les niveaux, malades et soignants, il nous faut des informations précises et justes.
Un autre point clé est l’hétérogénéité de la maladie, si l’on interroge uniquement un petit groupe, on s’expose fortement à un biais lié à l’échantillon interviewé. Pour dépasser ces limites, nous avons besoin d’obtenir des informations venant d’un grand nombre quitte ensuite à stratifier ces informations selon les durées de la maladie, âge ou autres caractéristiques, mais il est important de disposer d’un volume aussi grand que possible.
Sur les méthodes par sondage et questionnaire, il existe une très forte tendance à donner ou redonner la parole aux malades et après avoir analysé pendant de nombreuses années des tests biologiques ou des résultats d’examens complémentaires, se développent en rhumatologie beaucoup de travaux sur ce qui s’appelle en anglais les « patient-reported outcomes » qui pourrait se traduire par le « ressenti des malades ».  

Si un manque de réponse ne vous permet pas de clore une étude, que se passera-t-il ?

Si le nombre espéré, qui est en général estimé à l’aide de travaux antérieurs, n’est pas atteint, l’étude ne pourra pas donner la réponse espérée à la question posée. S’il s’agit d’un essai thérapeutique, tous les efforts fournis risquent d’être inutiles car la puissance de la réponse sera faible faute de participants et le résultat ne sera pas tranché. Donc on ne pourra pas répondre par exemple à la question de l’efficacité d’un traitement par rapport à son comparateur !

A propos des essais thérapeutiques, comment fonctionne une étude financée par une firme pharmaceutique ou par l’Union Européenne ?

Quel que soit le sponsor, il doit bâtir un protocole validé par des experts du domaine, obtenir un avis favorable d’un comité d’éthique puis il doit provisionner un budget pour une mise en place logistique (cahiers de recueil, outil internet, logiciels, centralisation d’examen…..) et humaine (infirmières, examinateurs), et il dédommage les centres hospitaliers des surcoûts engendrés (utilisation pour l’étude de moyens hospitaliers).
Les malades sont recrutés, répartis dans les bras de l’étude, idéalement après tirage au sort, puis ils sont suivis de près pour vérifier que la procédure n’engendre pas de risque (on est souvent, encore plus suivi que dans les soins courants lorsqu’on participe à un essai thérapeutique).
Une fois le nombre total de malades obtenu, il y a un travail de finalisation du recueil des paramètres qui peut prendre du temps puis une fois toutes les données disponibles, une analyse statistique est réalisée par une équipe indépendante pour définir si les objectifs sont remplis et communiquer les résultats.
Ces nombreuses étapes expliquent la durée incompressible à la réalisation d’un essai thérapeutique.

Si une personne souffre d’une sclérodermie sévère mais stable, peut-elle faire partie d’un protocole pour un essai médicamenteux ?

Chaque étude a des critères d’inclusion et d’exclusion différents selon ses objectifs. La question posée peut être sur le potentiel d’un produit à freiner, stopper, empêcher le développement de la fibrose de la peau.
Dans ces différents scénarios, les malades recrutés seront à des stades différents et à des durées de la maladie différentes, il y a donc des possibilités pour de nombreuses formes de la maladie. Il faut toutefois préciser qu’aujourd’hui la stratégie prédominante est plutôt d’essayer de trouver des produits pouvant freiner la progression et la dissémination de la fibrose de la peau ce qui conduit à inclure préférentiellement des formes cutanées diffuses dans les premières années d’évolution. Pour savoir si
l’on peut participer à une étude, il faut demander à l’investigateur principal ses critères d’inclusion et d’exclusion et analyser la situation du malade.
Cette démarche peut être faite auprès des investigateurs qui sont toujours disponibles pour étudier les possibilités de recrutement de malades.

Depuis quelques temps, les firmes pharmaceutiques s’intéressent aux maladies rares dont la sclérodermie. Que se passera-t-il si ces firmes pharmaceutiques n’obtiennent pas de résultats médicaux aux études financées ?

Il y a un grand intérêt pour la sclérodermie car en rhumatologie nous avons connu de grands progrès avec l’avènement des biothérapies qui ont changé le pronostic par exemple de la polyarthrite rhumatoïde.
Après avoir beaucoup investi sur les maladies fréquentes, des industriels s’intéressent aujourd’hui aux biothérapies sur les maladies rares car cela pourrait être un nouveau débouché pour leurs molécules et il y a de grandes attentes dans ce domaine.
De plus, comme nous connaissons et utilisons ces molécules dans d’autres indications, il y a une certaine confiance dans le développement de leur utilisation dans la sclérodermie. Par contre, ces industriels ont aussi essayé des produits dans le lupus par exemple, avec des études difficiles à faire ou à interpréter.

Si nous aboutissons au même résultat dans la sclérodermie avec des participations faibles aux études ou en n’identifiant pas des critères robustes pour ces études, il y a un risque, à court terme, que ces industriels changent de cible et s’orientent vers d’autres maladies inflammatoires et auto-immunes.

En conclusion, il est capital pour nous que les médecins et les firmes pharmaceutiques continuent à s’intéresser à notre cause. Sans quoi, dans peu de temps, nous n’aurons plus de nouveaux médicaments et de nouvelles recherches permettant d’améliorer les traitements de la sclérodermie.

Interview réalisée à la demande des trois associations francophones, suite à un atelier au Congrès mondial de Rome, où nous avons été confrontés au problème du manque de participation des malades aux projets et aux études et en espérant sensibiliser les adhérents/malades.
ASF (Association des Sclérodermiques de France).
ASS (Association Suisse des Sclérodermiques)
APSB (Association des Patients Sclérodermiques de Belgique)